José Lazaro Galdiano était un éditeur et un grand collectionneur, qui à sa mort en 1947 a légué ses collections et sa vaste demeure à l’état.

C’est tout aussi intéressant que le musée Cerralbo, et particulièrement bien organisé : les collections sont classées par thèmes (armes, meubles, monnaies, bijoux, tissus, tableaux), et par pays (peinture flamande, peinture française, peinture espagnole des 16ème et 17ème siècles, des 18ème et 19ème siècle… ). Très méthodique ! Mais du coup, cela permet au visiteur de s’attarder sur les thèmes qui l’intéressent le plus et de passer rapidement dans les salles abritant des collections qui l’intéressent moins.

Le musée comporte également une bibliothèque abritant environ 20.000 volumes de toutes époques, dont certains ont plusieurs siècles.

Mention spéciale pour la collection d’armes : outre les nombreuses vitrines, de grands tiroirs coulissants que le visiteur doit ouvrir contiennent de nombreuses pièces supplémentaires. Et surtout, bravo pour la collection de livres : à voir les ouvrages datant du 15ème siècle exposés dans les vitrines à quelques centimètres des visiteurs, nous nous sommes demandé si nous avions sous les yeux d’habiles reproductions, ou des originaux irremplaçables et hors de prix. La réponse était écrite dans l’une des salles : lorsque le musée expose des fac-similés, cela est précisé sur les notices ; Lorsque rien de tel n’est indiqué, c’est que la pièce exposée est bien un manuscrit, un livre calligraphié ou un incunable original. Afin de préserver ces ouvrages extrêmement fragiles, le musée n’en expose qu’une petite partie à la fois, en faisant « tourner » les ouvrages. Même au musée de la bibliothèque nationale de Madrid, on n’ose pas mettre en vitrine des ouvrages aussi précieux !

A noter également une très originale exposition d’oeuvres récentes sur la galerie de la salle de bal, qui prend pour thème certaines des toiles les plus emblématiques de Francisco de Goya, propriété du musée Lazaro Galdiano (car oui, le musée possède bon nombre de peintures très connues, et José Lazaro Galdiano était un fervent admirateur de l’oeuvre de Goya. Je ne suis pas très intéressé par les tableaux en général, mais je fais une exception pour El Aquelarre, peint en 1798).

José Lazaro Galdiano était visiblement un collectionneur passionné, qui s’attachait davantage à l’intérêt esthétique des objets dont il faisait l’acquisition, plutôt qu’à la création d’une collection cohérente ou spécialisée. Et pour une fois, les photos à l’intérieur du musée sont autorisées, ce qui correspond bien à l’état d’esprit de l’ancien propriétaire, qui, lorsqu’il a tout légué à l’état, a fixé comme condition que les collections restent gratuitement et définitivement accessibles à tous les chercheurs en histoire de l’art.

Enfin, le musée vaut aussi pour sa riche architecture intérieure et présente quelques explications sur l’usage des pièces avant que la bâtisse ne soit transformée en lieu d’exposition. J’ai bien aimé le choix des couleurs murales du musée, bleu et rouge.

Cette visite clos le séjour à Madrid, et c’est l’une des plus intéressantes que nous avons fait. Les musées Cerralbo et Lazaro Galdiano mériteraient certainement davantage de publicité.