Dans ce très vaste palais (le plus grand d’Europe juste après le Louvre), qui est toujours la résidence officielle du Roi d’Espagne (bien que dans les faits, il ne serve que lors des réceptions officielles), seules quelques pièces -les plus significatives- sont ouvertes à la visite.

En déambulant dans ces vastes espaces, meublés pour certains (« no fotografia, por favor »), on note un goût certain pour le mélange des couleurs. Que ce soit au niveau des sols en pierre, des encadrements de porte et des soubassements en marbre ou des murs, pas une salle qui ne mélange 4 ou 5 couleurs, pas toujours dans des goûts « modernes » (sols en losanges oranges et beiges, murs jaunes et marrons, portes vertes : c’est possible). Seules les salles à la décoration plus récente sont plus sobres.

A noter la salle des porcelaines, dont les murs et le plafond sont intégralement recouverts de… porcelaine ; La chambre de Charles III, ses murs et son plafond couverts de « chinoiseries » (absolument et totalement surchargé) ; La Chapelle Royale, de belles proportions et complètement intégrée au palais ; La salle de banquet et sa (très) longue table, capable d’accueillir une bonne cinquantaine de convives (et pourtant la table est loin d’occuper toute la longueur de la salle à manger) ; La salle des stradivarius, qui comme son nom l’indique contient 4 violons du 17ème siècle issus de l’atelier du célèbre luthier ; La salle de la couronne, qui contient la couronne et le sceptre royal ainsi qu’une très intéressante « table des sphinxs », d’origine française, en marqueterie de pierre. Et bien sur, la salle du trône.

Ça n’est indiqué nulle part, mais dans la petite antichambre ou attendent les invités avant de pénétrer dans la salle du trône, j’ai trouvé un peu étrange la présence de ce grand miroir occupant presque tout un mur. Je suis prêt à prendre le pari qu’il s’agit d’un miroir sans tain, c’est la seule raison qui peut justifier son positionnement bizarre.

Comme j’ai joué le jeu (moi -suivez mon regard…) et n’ai pris aucune photo à l’intérieur des salles, j’illustre cet article comme je peux !

Mais le plus intéressant, à mon avis, est la visite de l’armurerie royale, qui a elle seule justifie le voyage à Madrid si l’on s’intéresse aux armures médiévales.

Il s’agit de la collection d’armures et d’armes personnelles des rois d’Espagne, et c’est très, très impressionnant. Déjà, il y en a beaucoup, et la quasi totalité sont dans un état impeccable malgré les siècles. Les armes et armures de guerre sont clairement d’une qualité irréprochable. A la minutie avec laquelle sont assemblées les pièces d’armure (des gantelets notamment), on se rend compte que c’était ce qui se faisait de mieux à l’époque (et que Charles Quint aimait les armures).

Plus impressionnantes encore sont les armures d’apparat. Décorées avec une finesse incroyable, certaines valaient une fortune. L’une des plus travaillées à coûté 3000 ducats d’or, soit 3 fois le prix normal d’une armure de grande qualité, d’après les indications. Dommage que l’on ne sache pas à quoi correspond une telle somme. J’ai effectué de rapides recherches : il semble que le ducat d’or espagnol pesait environ 3 grammes et demi. Cette armure d’apparat à donc coûté plus de 10 kilos d’or !

Enfin, l’armurerie présente également plusieurs « bardes », c’est à dire les armures dont étaient équipés les chevaux de combat. Ces armures sont présentées en situation, sur des mannequins de chevaux, avec cavalier également en armure. On imagine sans peine ce que devaient éprouvé les fantassins lorsqu’une ligne de chevaux transformés en « tanks » et surmontés de chevaliers aux armures rutilantes s’élançait dans leur direction.

Dommage qu’il ne soit pas autorisé de prendre des photos (et le personnel du Palais Royal veille au grain), l’armurerie royale est vraiment une visite incontournable. J’aurais bien passé la journée entière dans ces salles à lire les détails et l’histoire des armes et armures.