Aujourd’hui s’ouvrait le Salon de la Photo 2015, Porte de Versailles. Au Salon, il y a quelques incontournables, notamment les « master class », cours et conseils dispensés par des pros, qui donnent un bon prétexte à des hordes d’amateurs libidineux pour photographier d’accortes jeunes femmes légèrement vêtues. Mention spéciale pour le stand où la fille est habillée tout en cuir et clous, ça va faire de chouettes photos pour mettre au-dessus de la cheminée.

Une autre tradition étrange veut que les visiteurs viennent avec la totalité de leur matériel. Du coup, dans les allées déjà étroites, on croise des gens habillés de vestes de baroudeurs ornées d’une multitude de poches, qui se trimballent des sacs de 10 kilos. Alors dès ce matin, comme à l’extérieur la température est très agréable, dommage collatéral : ça sentait très fort la transpiration dans le hall 4 du Parc des Expositions. Finalement, c’est un peu comme la Japan Expo, l’odeur en plus : tout le monde vient déguisé !

Par contre, grosse différence avec la Japan Expo, où les jeunes fans de Naruto et One Piece sont très sympas, le photographe amateur est généralement franchement malpoli, il n’aime pas attendre son tour ni n’éprouve le besoin de s’excuser lorsqu’il vous colle dans les côtes le demi mètre cube de matériel qu’il transporte (pire, il semblerait parfois qu’il vous en veuille parce que son objectif « ultra-télé-zoom 400 mm F/3,5 » à 15.000 euros a pris un choc !). J’imagine que c’est du à l’habitude qu’il a pris de braquer les gens avec un zoom de la taille d’un lance-roquettes et de déclencher sans demander l’autorisation.

Sigma présente un modèle très discret, parfait pour la

Sigma présente un modèle très discret, parfait pour la « street photography »

Moi aussi j’étais venu avec le matériel approprié : mon invitation et un paquet de petits beurres. Pour le matériel photo, les exposants en prêtent volontiers si l’on souhaite essayer un objectif particulier. Le personnel du stand Sony a d’ailleurs été très sympa. Et j’ai pu pleinement apprécier leur définition du terme « concurrence », en faisant le tour des revendeurs présents et en constatant, sans surprise, que les produits sont proposés partout à des prix rigoureusement identiques. Je me rappelle mes cours de fac, lorsque nous apprenions que la concurrence est profitable et que la loi s’oppose aux cartels et aux ententes sur les prix. C’était de la théorie vraisemblablement.

J’ai terminé la visite par la partie du Salon réservée aux photographes professionnels. Il y a de très belles photos, et d’autres…plus surprenantes. Mention spéciale pour Vincent Ramette et son expo « Carnal Beauty » (sous-titrée « et si je vous montrais ce que j’ai dans le ventre ») qui associe des jeunes femmes et des tripes sanguinolentes. J’étais content de n’avoir mangé que des petits beurres.

Et sur le chemin du retour, j’ai pu faire un arrêt pour oublier ce Salon de la Photo finalement assez décevant.

Baba Satine Pierre Hermé