Voila un petit week-end à Munich attendu depuis longtemps ! Oktoberfest oblige, il y a vraiment beaucoup de monde en ville, mais pour nous, c’est direction le « Backstage » et le concert de CSS.

En première partie, « High Voltage Humans » tente d’électriser l’audience. C’est totalement minimaliste : elle aux claviers, lui à la guitare, beaucoup de boîtes à rythme et deux copines qui se trémoussent à l’arrière de la scène, costumes en spandex agrémentés de pailles multicolores et fluorescentes, machine à bulles…. Ca semble 100% cheap et amateur, tendance rigolo-trash (je n’ai pas compris toutes les paroles, mais je crois que cela parlait de boire le sang d’une licorne… sans compter une reprise de Metallica : « Call of Cthulhu« ). Difficile de croire que « High Voltage Humans » est plus qu’un projet d’étudiants (car c’est bien plus : ils sont régulièrement programmés et ont sorti des singles), mais le résultat est sympa et marrant, et bien dans le ton avant un concert de CSS.

Et puis il faut du courage pour enfiler un costume de bioman et faire des bulles en agitant les bras en arrière scène pendant une heure, tout en lançant des pailles sur le public !

Après avoir tué une licorne et invoqué l’Indicible, les High Voltage et leurs Cosmic Dancers ont cédé la place aux vedettes de la soirée : CSS.

Grosse surprise pour le groupe lorsqu’il arrive en piste : dans la salle nous devons être au maximum quarante ! CSS n’est probablement pas très connu en Bavière, mais quand même, pour un groupe qui réalise une tournée mondiale à chaque nouvel album, 40 personnes dans une salle, ça a du leur faire un choc. D’ailleurs, Lovefoxxx a parfaitement résumé la situation d’un très ironique « on dirait une fête d’anniversaire ! C’est comme si ma maman avait invité des copains pour mon anniversaire afin que je puisse leur montrer mon spectacle ! ».

Cela étant, le groupe a assuré à fond, comme toujours ! Malgré l’assistance réduite, nous avons eu droit à tout ce qui compose un bon concert de CSS : tenues faites maison, son impeccable, et alors que cela semblait impossible, Lovefoxxx a même trouvé le moyen de faire un peu de « crowdsurfing » en nous faisant tous nous masser au pied de la scène. Très rapidement, ça sautait en l’air en reprenant les refrains, ça riait et ça dansait. Quarante, peut être, mais 40 vrais fans, qui connaissent les paroles par coeur et sont disposés à mettre plus qu’un peu d’ambiance !

Et puis, comme nous étions peu nombreux, Ana, Carole, Luiza et Lovefoxxx sont restées après le show, jusqu’à ce que chacun puisse avoir ses photos souvenirs, son tee-shirt dédicacé, son petit mot de remerciement (et nous n’avons pas été les derniers à en profiter pour obtenir quelques « collectors »). Donc, c’était très, très bien, et c’est un avis purement subjectif (et sans doute partagé par 39 autres personnes).

Le Backstage, c’est très grand. Il y a plusieurs salles et de nombreux bars. Et puisque toutes les portes étaient ouvertes, Jean-Philippe a insisté pour que nous allions nous incruster dans la salle principale une fois le show de CSS terminé.

Ambiance totalement différente : la grande salle était bondée, remplie de géants tatoués aux cheveux longs, portant bottes cloutées, ceintures en forme de cartouchières et débardeurs en jeans agrémentés de crânes et d’inscriptions à la gloire des « Têtes de moteur« . Nous ne connaissions pas le nom du groupe, mais sans grand risque on pouvait deviner que ça devait être quelque chose comme « Dark Cult of the Black Moon Devils ». Sur scène, le show commençait tout juste, un guitariste aux cheveux longs et gras et un bassiste au crâne rasé mettaient l’ambiance.

Riff de guitare, roulement de tambours, effets de lumière : le chanteur entre en scène. Stupéfaction : il a l’air d’avoir 75 ans ! Totalement décharné, des yeux de fou, incandescents (sans effets spéciaux !), enfoncés au fond d’orbites rouges, un halo de cheveux longs et gris -mais en voie de raréfaction- autour de la tête, des mouvements brusques et saccadés… Le type est une publicité ambulante contre les méfaits de la drogue ! Incroyable qu’il soit encore en vie vu son état.

Et encore, là, il à l'air en forme

Et encore, là, il à l’air en forme

Renseignement pris auprès de notre voisin, il s’agit de « Pentagram » (et pour qu’un groupe de hard-rock soit en mesure de « préempter » le nom « Pentagram », on imagine sans peine son ancienneté !).

Nous ne nous sommes pas senti obliger de rester jusqu’au bout. Deux fans des brésiliennes de CSS au milieu d’un concert de Pentagram, c’est quant même un peu comme Mon Petit Poney égaré dans un épisode de Goldorak. On a bien ri, mais faut pas trop prolonger l’expérience.

Au sujet du concert de CSS, Jean-Philippe a tenu à « accomplir son devoir de fan » en étant d’une franchise absolue. Entre deux compliments, les filles auront donc eu droit à « ce tee-shirt là, je l’ai déjà du concert précédent, et la qualité est vraiment pourrie », puis « la dernière fois, tu as fait une faute d’orthographe à mon prénom ». Elles se sont donc appliquées face à ce fan aussi difficile, et c’est dans un français parfait et exempt de toute faute d’orthographe que tout le groupe a signé le fanzine de Luiza : un super-super collector !

Luiza rules

Et pour en revenir à Pentagram, j’ai recherché quelques informations : le groupe existe depuis 1971, et le seul membre fondateur encore en activité est le chanteur, Bobby Liebling, qui en fait, n’a pas tout à fait 60 ans (et en parait vraiment beaucoup plus. Comme l’ont écrit d’autres sur le net : c’est le portrait craché du Gardien de la Crypte !). En 40 ans d’existence, le groupe a produit extraordinairement peu d’albums (d’après certains : seulement lorsque Liebling avait besoin d’argent pour s’acheter du crack et de l’héroïne). Après qu’il ait disparu de la circulation plusieurs fois, un fan a retrouvé la rock star en 2007. Complètement shooté, il était retourné vivre dans la cave de ses parents.

Un bon blog pour en apprendre plus sur la vie du chanteur et pour constater qu’il fait vraiment peur aux enfants : ici.

Ceci dit, très clairement, le public appréciait le concert.

Alors comme chacun à le droit d’avoir son propre mauvais goût, et que Pentagram, comme High Voltage Humans et CSS méritent d’être connus, j’ai utilisé des vidéos officielles plutôt que des photos de médiocre qualité.