La ville de Luxembourg est toute petite. 120 000 habitants, pour prendre un point de comparaison, c’est à peine deux fois Niort (au hasard). Elle est bâtie sur plusieurs rochers, dont les sommets plats constituent autant de quartiers différents.

La « ville haute » est le centre historique de Luxembourg, séparé des autres quartiers par les vallées de la Pétrusse et de l’Alzette. Seule une partie des très impressionnantes fortifications subsiste, mais c’est suffisant pour se rendre compte que la ville de Luxembourg a longtemps été avant tout une énorme place forte.

Le Rocher du Bock, dans une boucle de l’Alzette, prolonge à l’est la ville haute. Ce rocher est le lieu d’installation du premier château fort, longtemps relié au reste de la ville par un simple pont-levis de bois.

Les « villes basses » s’étendent dans l’étroite bande de terre comprise entre l’Alzette et le pied des murailles, soit une petite centaine de mètres de part et d’autre de la rivière.

De l’autre côté de l’Alzette, le terrain plat laisse tout juste assez de place à l’église Saint Jean, avant qu’un nouveau rocher constitue une muraille naturelle : le plateau du Rham.

Au sud, le quartier de la gare est plus récent, puisqu’il n’a été aménagé qu’au milieu du 19ème siècle, lors du départ des garnisons prussiennes. Enfin, le dernier quartier intéressant pour un touriste est au nord-est de la ville : le plateau de Kirchberg. Ultra moderne, des avenues rectilignes bordées d’immeubles en verre, c’est le quartier européen, siège de la Banque Européenne d’investissement et de la Cour de Justice de l’Union Européenne.

La fondation de la ville de Luxembourg date de 963, lorsque le comte Sigefroid échange avec l’abbaye Saint-Maximin de Trèves une partie de ses terres contre le « castellum Lucilinburhuc », situé au sommet du Rocher du Bock. Depuis cette date, à peu près tout ce que la France a compté de souverains « historiques » est venue s’emparer de la ville : Philippe le Bon (en 1443), le Duc d’Ambroise (1479), François 1er (en 1542), Louis XIV (dont les troupes, sous le commandement du Maréchal de Créqui, fêtent le réveillon de Noël 1683 en envoyant 2000 boulets sur la cité), les troupes de la toute jeune République Française en 1794.

Les troupes allemandes ont également occupé la ville durant les deux guerres mondiales, et quelques épidémies ont décimé la population au Moyen-Age, entre deux invasions. Chaque envahisseur ayant pris soin de reconstruire et de fortifier la cité, la ville est un patchwork d’anciennes places fortes de toutes époques, et en centre ville, immeubles modernes côtoient bâtisses du 15ème siècle.

Au pied des fortifications, la chapelle troglodyte Saint Quirin date du 14ème siècle (elle est construite directement sur un lieu de culte celte beaucoup plus ancien). La route passe, littéralement, « sur » la chapelle. C’est ainsi très souvent en ville : on croit être sur une place, et on se rend compte que l’on est en fait sur le toit d’un bâtiment ; On pense être dans un jardin, et on s’aperçoit que l’on marche en fait sur un ancien rempart. Les maisons bâties sur la corniche ont parfois deux entrées sur rue : l’une au rez-de-chaussée, et l’autre au niveau du jardin du voisin, c’est à dire… au deuxième étage.