C’est un peu facile d’emprunter le titre de ce billet à Jean Delannoy, mais impossible de passer à Macao sans parler des casinos. Il y en a plein, partout.

Des vieux un peu décatis (le Grand Lisboa), des modernes (le Galaxy, en photo ci-dessus), des « jeunes » (le Hard Rock). Tous plus factices les uns que les autres. Bienvenue dans un univers idéal, où il fait toujours beau (lumière artificielle oblige, et lampes spéciales dans les coins pour ne pas que les plantes dépérissent), où cela sent toujours bon (ça, remarquez, c’est plutôt agréable), où les hôtesses sont toujours accortes (car elles sont payées pour cela), et où, absolument partout, il y a des flèches vous indiquant le chemin des tables de jeu et des croupiers souriants pour vous expliquer les règles. Et surtout n’oubliez pas de vous délester de quelques gros billets en passant.

Si le jeu vous lasse ou que vous avez gagné, tous les casinos se prolongent par des galeries marchandes où les marques de luxe sont sur-repéesentées (il y a quand même quelques Starbuck cafés, s’il ne vous reste plus que quelques dollars en poche). Autant être clair : je n’ai pas misé un seul jeton. En partie parce que je ne connais pas les règles des jeux de cartes, et également parce que tous le monde fume dans les salles de jeu. Et puis tous ces sourires factices lorsqu’on vous ouvre les portes, ça cache un coup-fourré. De toute façon, après toutes les visites en ville, il ne restait guère de temps pour aller dans les salles de jeu, et c’était bien plus amusant de visiter quelques casinos et d’apprécier leur décoration parfois… discutable (mais ça marche : les fontaines en plastiques sont pleines de pièces lancées par les touristes).

Nous avons donc vu successivement les canaux vénitiens artificiels du « Venitician » (gondoliers poussant la chansonnette compris, sous les applaudissements), le hall des cristaux en résine du Galaxy (avec une histoire qui explique le plus sérieusement du monde que si l’on passe à proximité desdits cristaux, plein de bonnes choses vont nous arriver -sous entendu « mais dépêchez-vous donc d’aller miser ! »), le dragon d’or géant qui rampe au plafond du Hard Rock (la bestiole est assez réussie et impressionnante il faut dire), et le hall d’entrée imposant du Grand Hyatt, où nous avions nos quartiers (et là, rien à ajouter, c’était vraiment très luxueux et parfait).

Nous nous sommes également brièvement égarés dans les rues du centre ville, et ça avait l’air nettement plus authentique, mais franchement moins glamour. Quand on sait également que les jeunes Macanais préfèrent arrêter leurs études pour aller travailler dans les casinos, car de toute façon il ne sert à rien de faire des études supérieures, les établissements de jeux étant les seuls à fournir un travail, ça ne laisse pas présager d’un futur très réjouissant.