Lever bien avant l’aurore, afin de quitter Bangkok pour une visite guidée on ne peut plus touristique. Ce ne sera sans doute pas très authentique, mais cela promet d’être original et agréable, dans la mesure où nous avons pour la demi-journée notre voiture privée et notre guide attitré, ce qui va nous permettre de gérer nos visites et notre programme à la carte, et d’éviter de perdre du temps dans les boutiques de souvenirs commissionnées.

A un peu plus d’une heure de Bangkok en voiture, le premier arrêt à lieu à Samut Songkhram et à son marché, assez original. Outre la grande halle couverte et les innombrables échoppes de rue (la ville semble n’être qu’un vaste marché), l’endroit peut s’enorgueillir de posséder le seul marché au monde « sur voie de chemin de fer ouverte à la circulation ». Effectivement, personne n’a eu cette idée saugrenue avant.

Dans une ruelle large de quelques mètres, encaissée entre deux rangées d’immeubles, passe en effet une voie ferrée et 8 trains par jour. Et sur celle-ci, se tient un marché. Les étals sont montés sur roulettes, de sorte qu’à chaque arrivée du train, signalée par de grands coups de klaxons, chaque marchand éloigne son étal d’un petit mètre (juste de quoi voir passer le train, à allure très modérée, à quelques centimètres des fruits et légumes). Puis, sitôt le dernier wagon passé, chacun remet tout en place en quelques secondes.

Bien entendu, nous étions sur les voies au moment du passage du train de 9h (et le guide, présentant sans doute mon agilité naturelle, à tout particulièrement veillé à ce que je me rapproche du fond d’une boutique quelques dizaines de secondes avant l’arrivée du convoi).

Honnêtement, la partie du marché située sous les halles et certainement authentique, et celle située sur les voies est davantage une attraction, à en croire le nombre de guides et de touristes présents, nettement supérieur à celui des clients (il y en avait quand même quelques uns, alors je suspecte un peu les thaïlandais de « jouer à la marchande » afin d’animer et de renforcer le pittoresque du marché). Peut être suis-je trop méfiant, mais en même temps, pour le français moyen (c’est à dire le parisien habitué de Monoprix) que je suis, la seule vue et la seule odeur des choses débitées en tranches et exposées sur la plupart des étals donne immédiatement une furieuse envie de rentrer à Paris par le premier vol afin d’engloutir un bon vieux steak-frites !