Ce que je retiens de Madrid

Posted on 28 août 2017

De cette semaine (et un peu plus) passée à Madrid, outre les photos, je retiens surtout :

  • Les musées Cerralbo, Lazaro Galdiano, ainsi que l’armurerie du Palacio Real valent vraiment le déplacement. Nous n’avons pas fait les musées les plus célèbres que sont le Prado et l’Escurial. Ce sera pour une prochaine fois.
  • Madrid est une ville où il faut vraiment se promener le nez en l’air, afin de repérer les terrasses et les façades étonnantes des immeubles, souvent surmontées de statues
  • « El Corte Inglès », le grand magasin espagnol : il y en a à tous les coins de rue ! C’est comme si à Paris il y avait 3 ou 4 « Galeries Lafayette » dans chaque arrondissement !
  • Il fait vraiment très chaud en août, quelques jours sont nécessaires pour s’adapter, ou alors il faut adopter le rythme espagnol et rentrer faire la sieste entre 14H et 17H
  • Il ne faut pas croire tout ce qui est écrit dans le guide du Routard, qui pour une fois n’a pas été à la hauteur
  • Les marchés où l’on déjeune, dîne ou avale quelques tapas entre deux visites. Le marché San Miguel est le plus connu et celui qui offre le plus vaste choix de nourriture. C’est aussi le plus cher et il est surpeuplé de touristes en quasi permanence. Le marché San Anton, à Chueca, offre un peu moins de choix, mais il y a nettement moins de monde et beaucoup plus de tables, en plus, la boutique « Energia Positive Siglo XXI », à deux pas du marché, est très chouette
  • Le « jamon », et en particulier le « Bellota Jabugo 5J« , c’est délicieux, mais le porte-monnaie s’en trouve passablement allégé (clin d’oeil aux touristes français, qui, nous voyant plantés devant une vitrine, n’ont pas hésité à prendre quelques minutes de leur temps afin de faire part de leurs expériences en matière de jambon à des compatriotes. Les français, on les retrouve toujours dans les musées et là où il y a de bonnes choses à manger !)
  • Les glaces bio de chez « Mistura » sont excellentes. Celles de chez « Rocambolesc » ne sont pas mal non plus, et offrent des parfums plus originaux. Le « chocolate con churros », à petites doses seulement

La statue de Cervantes surplombe celle de Don Quichotte et Sancho Panza

Maintenant, je n’ai plus qu’à refaire mon passeport avant de réfléchir à la prochaine destination.

Le musée Lazaro Galdiano

Posted on 27 août 2017

José Lazaro Galdiano était un éditeur et un grand collectionneur, qui à sa mort en 1947 a légué ses collections et sa vaste demeure à l’état.

C’est tout aussi intéressant que le musée Cerralbo, et particulièrement bien organisé : les collections sont classées par thèmes (armes, meubles, monnaies, bijoux, tissus, tableaux), et par pays (peinture flamande, peinture française, peinture espagnole des 16ème et 17ème siècles, des 18ème et 19ème siècle… ). Très méthodique ! Mais du coup, cela permet au visiteur de s’attarder sur les thèmes qui l’intéressent le plus et de passer rapidement dans les salles abritant des collections qui l’intéressent moins.

Le musée comporte également une bibliothèque abritant environ 20.000 volumes de toutes époques, dont certains ont plusieurs siècles.

Mention spéciale pour la collection d’armes : outre les nombreuses vitrines, de grands tiroirs coulissants que le visiteur doit ouvrir contiennent de nombreuses pièces supplémentaires. Et surtout, bravo pour la collection de livres : à voir les ouvrages datant du 15ème siècle exposés dans les vitrines à quelques centimètres des visiteurs, nous nous sommes demandé si nous avions sous les yeux d’habiles reproductions, ou des originaux irremplaçables et hors de prix. La réponse était écrite dans l’une des salles : lorsque le musée expose des fac-similés, cela est précisé sur les notices ; Lorsque rien de tel n’est indiqué, c’est que la pièce exposée est bien un manuscrit, un livre calligraphié ou un incunable original. Afin de préserver ces ouvrages extrêmement fragiles, le musée n’en expose qu’une petite partie à la fois, en faisant « tourner » les ouvrages. Même au musée de la bibliothèque nationale de Madrid, on n’ose pas mettre en vitrine des ouvrages aussi précieux !

A noter également une très originale exposition d’oeuvres récentes sur la galerie de la salle de bal, qui prend pour thème certaines des toiles les plus emblématiques de Francisco de Goya, propriété du musée Lazaro Galdiano (car oui, le musée possède bon nombre de peintures très connues, et José Lazaro Galdiano était un fervent admirateur de l’oeuvre de Goya. Je ne suis pas très intéressé par les tableaux en général, mais je fais une exception pour El Aquelarre, peint en 1798).

José Lazaro Galdiano était visiblement un collectionneur passionné, qui s’attachait davantage à l’intérêt esthétique des objets dont il faisait l’acquisition, plutôt qu’à la création d’une collection cohérente ou spécialisée. Et pour une fois, les photos à l’intérieur du musée sont autorisées, ce qui correspond bien à l’état d’esprit de l’ancien propriétaire, qui, lorsqu’il a tout légué à l’état, a fixé comme condition que les collections restent gratuitement et définitivement accessibles à tous les chercheurs en histoire de l’art.

Enfin, le musée vaut aussi pour sa riche architecture intérieure et présente quelques explications sur l’usage des pièces avant que la bâtisse ne soit transformée en lieu d’exposition. J’ai bien aimé le choix des couleurs murales du musée, bleu et rouge.

Cette visite clos le séjour à Madrid, et c’est l’une des plus intéressantes que nous avons fait. Les musées Cerralbo et Lazaro Galdiano mériteraient certainement davantage de publicité.

L’église de San Manuel et San Benito

Posted on 26 août 2017

Retour à Madrid où, après plusieurs tentatives s’étant soldées par une porte close, nous parvenons enfin à entrer dans l’église de San Manuel et San Benito.

L’église, de style néo-byzantin, est ici vue depuis le parc du Retiro

Elle n’est étrangement pas citée dans le guide du Routard (alors qu’envoyer les touristes au 8 de la Calle del Avé Maria, franchement, ce n’est pas sérieux).

C’est bien dommage, car l’intérieur de l’église, entièrement recouvert de mosaïques colorées et dorées, vaut vraiment le coup d’oeil. Elle est d’ailleurs classée comme « bien d’intérêt culturel appartenant au patrimoine historique espagnol ».

La maison de Cervantes

Posted on 26 août 2017

La maison natale de Miguel de Cervantes Saavedra présente une habitation typique du 16ème siècle. C’est petit et chichement meublé, sans aucune décoration.

Le principal intérêt me semble être de remettre un peu en perspective le mode de vie d’une famille relativement aisée de l’époque (le père de Cervantes était médecin, mais pas vraiment réputé). Si vous aviez une maison, un lit par personne, des couverts et 2 ou 3 coffres où ranger vos affaires, vous faisiez partie des personnes favorisées.

Une exposition de photos est également proposée à l’étage (et d’après l’insistance du personnel de la maison / musée, il est « obligatoire » d’aller voir les photographies), et devant la maison, une amusante statue en bronze de Don Quichotte et de Sancho Panza à échelle humaine accueille les visiteurs.

Dommage, la maison contient très peu d’indications sur le quotidien d’un écrivain au 16ème siècle, et encore moins sur la vie de Cervantes, largement aussi riche, passionnante et tout aussi tragique que celle de son héros frapadingue.

Maison natale de Cervantes - 1

Une visite rapide, mais qui donne envie d’en apprendre plus.

Universidad de Alcalá

Posted on 26 août 2017

L’université ne se visite qu’à des horaires bien précis, en visite guidée uniquement, et seulement avec un guide parlant espagnol. Petit moment de fierté : mis à part une ou deux phrases dont le sens m’a échappé, je n’ai pas eu de difficulté à suivre la visite, et c’est tant mieux, car les explications et anecdotes racontées par notre guide étaient largement aussi intéressantes que les lieux eux-mêmes, reconstruits depuis 1499. Finalement, il est resté quelque chose de tout ce que mes professeurs d’espagnol ont essayé de m’apprendre.

La façade de l’université

L’université d’Alcala, fondée en 1499 par le cardinal Cisneros, un franciscain, n’est pas la plus vieille du monde. Cependant, c’est le tout premier campus de l’histoire, c’est à dire que pour la première fois, une ville entière destinée à fournir des services aux étudiants et aux professeurs était créée en même temps que l’université. Cela se retrouve encore dans le nom des rues qui entourent l’université : la rue des écrivains, la rue des libraires…

Le premier patio, le patio d’honneur

Aujourd’hui, un très grand campus moderne a été construit à la périphérie de la ville et les bâtiments historiques du centre servent uniquement des buts administratifs. Ces bâtiments, originellement en brique, se sont très vite dégradés, et bien que l’université date de 1499, il ne subsiste rien de cette époque, les bâtiments les plus anciens datant du 17ème siècle.

Le second patio

Quelques anecdotes et explications fournies par notre guide : l’université constituait une juridiction propre, avec ses propres lois, parfois extrêmement sévères. Ainsi, les étudiants qui enfreignaient les règles pouvaient non seulement être renvoyés, mais dans les cas les plus graves (les registres en consignent plusieurs), ils pouvaient être expédiés aux Amériques. Et au 16ème siècle, ça ne devait pas être particulièrement réjouissant d’aller là-bas.

La manière dont se déroulait la soutenance des thèses, pour les étudiants allant jusque là, était également assez pittoresque. Sur la tribune où il effectuait sa soutenance, en séance publique, l’étudiant était accompagné de son tuteur, chargé de le rassurer, et d’un contradicteur, chargé de le déconcentrer, au besoin en le bousculant un peu, car un apprenti docteur se doit de rester impassible et concentré en toutes circonstances. De plus, les professeurs assistant à la soutenance pouvaient poser n’importe quelle question à l’étudiant, même en dehors de son sujet de thèse, car un doctorant se devait d’avoir réponse à tout. Enfin, en cas d’obtention de sa thèse, la coutume voulait que l’étudiant organise un banquet auquel non seulement l’université mais aussi toute la ville était conviée. C’est pourquoi la plupart des thèses étaient soutenues durant la semaine sainte, c’est à dire durant le jeûne. Ça coutait bien moins cher à organiser.

Le troisième patio, dans un style renaissance du à l’architecte italien qui l’a construit

Autre anecdote : l’université s’appelait à l’origine « Universidad Complutense », du nom des habitants, eux-mêmes tirant cette dénomination des origines romaines de la ville : Complutum. En activité de 1499 à 1836, l’université est à cette dernière date transférée à Madrid, et devient la Universidad Complutense de Madrid. Lorsque l’université réouvre ses portes à Alcala de Henares en tant qu’entité autonome, à la fin du 20ème siècle, elle ne peut récupérer son nom, toujours utilisé par l’université de Madrid et doit donc adopter la dénomination de Universidad de Alcala.

Le plafond de la salle des thèses

Mis à part la visite des patios, le guide nous ouvre les portes de la salle de soutenance des thèses, dont l’impressionnant plafond mélange les styles, et nous emmène voir, dans la chapelle, la tombe du cardinal Cisneros (un cénotaphe en fait, puisque la tombe ne contient plus le corps du cardinal).

Celle-ci, un énorme bloc de marbre surmonté du gisant du cardinal, est peu en accord avec la tradition franciscaine de pauvreté. Si l’on en croit le guide, le cardinal avait demandé à être inhumé de manière très simple, mais ses contemporains ont jugé qu’un personnage aussi important et influent ne pouvait pas simplement finir sous une simple pierre dans un coin de la chapelle. Le monument de marbre d’environ 4 mètres sur 3, richement sculpté, a été cependant fortement endommagé par les troupes de Napoléon, puis par un incendie.

Alcala de Henares

Posted on 25 août 2017

Alcala de Henares est une ville de 200.000 habitants, à une trentaine de kilomètres à l’est de Madrid. Y aller est l’occasion de vérifier que les bus madrilènes fonctionnent exactement comme les nôtres : le bus de 10h13 arrive devant la porte de départ de la gare routière pile à l’heure, mais choisi de ne pas s’arrêter. Le tableau d’affichage semble indiquer qu’il a été annulé. Tout le monde le regarde s’éloigner, vide, avec flegme.

Les bus suivants sont prévus respectivement à 10h20 et 10h50, c’est donc fort logiquement que le bus arrive à 10h35, et part sitôt les voyageurs présents montés à bord (alors que la gare routière constitue le point de départ de la ligne). Au retour pour retourner à Madrid, les horaires de passage étant 16h32 puis 16h47, le bus est naturellement passé à 16h40. Normal.

Les arrêts de bus sur la voie rapide (2 fois 3 voies) nous ont également surpris. Pas une habitation à des centaines de mètres à la ronde, comment des gens ont-ils pu arriver jusqu’à l’arrêt ? Sans compter que la voie de dégagement aménagée pour sécuriser ces arrêts de bus est très courte : à l’arrivée, c’est un bon coup de freinage assuré, et ensuite pour repartir, il n’y a que quelques mètres pour accélérer et s’insérer dans le flot de véhicules qui arrive à vive allure. Ça semble un chouia périlleux.

Et pour revenir à la ville, celle-ci présente plusieurs centres d’intérêt : son université, qui date de 1499 et est actuellement la plus grande de Madrid, et son centre ville historique, guère animé en cette période de vacances universitaires, comme on le voit sur la photo ci-dessus. De plus, Alcala de Henares est la ville natale de Cervantes, et sa maison est ouverte au public.